Point presse mensuel d’octobre 2009

Conjoncture économique, Grand Emprunt, PME Attitude et point sur les questions sociales, au menu du point presse mensuel d’octobre 2009.

Ce matin, je souhaite vous parler tout d’abord d’économie, du Grand Emprunt – il y a une relation évidente entre les deux –, de la PME Attitude et nous finirons par un point sur les questions sociales.

Point de conjoncture

Hier, au Conseil exécutif, nous avons fait un point de conjoncture. Il nous a semblé utile de vous en présenter les principales lignes, d’autant que le regard est contrasté. Finalement, la question que tout le monde se pose « sommes-nous ou non sortis de la crise ?» est vraiment légitime, tellement on peut voir des signaux contradictoires. Cependant, si je devais résumer d’une phrase l’analyse que nous faisons de la situation, je dirais qu’il y a bien une reprise, mais que la reprise est balbutiante et ténue.

Quelques graphiques illustrent cela.

Premier graphique – « Industrie mondiale : le rebond ? »

Il y a bien à l’échelle mondiale une reprise de la production industrielle. Le rebond qui était tant attendu est là, on le voit sur cette courbe avec une augmentation de la production sur les trois derniers mois de 7, 5 %. Là, nous sommes à l’échelle mondiale. Cette remontée, visible sur la partie droite de la courbe, c’est vraiment l’impact de deux choses : la fin du déstockage et les plans de relance qui ont été initiés partout sur la planète.

Deuxième graphique – « En Asie, c’est certain (1)»

Ce qu’il est important de noter, c’est que toutes les grandes zones du monde ont cessé de chuter. En jaune le Royaume Uni, en rose la zone euro, en noir les Etats-Unis… partout sur cet indice de production industrielle, vous avez, sur les trois derniers mois que nous avons pu mesurer, une remontée des courbes. Et sur la courbe bleue, l’Asie émergeante, une remontée encore plus forte de la courbe, une accélération assez spectaculaire de la reprise. S’il fallait insister sur un seul des enseignements des « charts » présentés ce matin, ce serait sur celui-là, la reprise elle est à l’Est. Si le train de la reprise s’ébranle, c’est vraiment en Asie. Ce phénomène est majeur. Il signe la mutation économique dont nous parlons souvent. Il faut bien comprendre que dans la distribution des richesses aujourd’hui à l’échelle de la planète, les choses ont certainement changé de camp et c’est bien du côté de l’Est que l’essentiel se passe désormais aujourd’hui. C’est un point important y compris pour nos entreprises et notre économie.

Troisième graphique – « En Asie, c’est certain (2) »

Je ne rentrerai pas dans tout le détail pays par pays, mais je vais quand même créer un choc supplémentaire par rapport à ce graphique (NDLR : le numéro 2) Nous n’avons pas pu mettre sur une seule courbe la courbe de la Chine. Regardez ce qu’il se passe : la courbe de la Chine est tellement plus haute à la fois dans son niveau que dans sa reprise des trois derniers mois, qu’elle écrase toutes les autres courbes. Le phénomène est vraiment spectaculaire. C’est un enseignement qui doit être utilisé par toutes nos entreprises et par notre économie : en clair si nous voulons accélérer le retour à une croissance soutenue pour la France, il faut se demander d’abord comment travailler plus avec cette zone où l’activité est à nouveau très soutenue.

Evidemment il y a d’autres signes qui témoignent de ce rebond de l’activité, c’est bien sûr l’évolution des cours des matières premières. Pour mémoire, mais c’est l à aussi tellement symptomatique, le cours du pétrole est aujourd’hui moitié moins élevé que son record historique de juillet 2008 mais deux fois plus élevé que son point le plus bas de décembre 2008. Cela aussi est tout à fait caractéristique d’une économie qui est en phase de reprise.

Quatrième graphique – « Etats-Unis : reprise des achats des ménages »

L’autre point tout à fait rassurant sur l’avenir de notre économie est ce qui est en train de se passer aux Etats-Unis. Il y a plusieurs indicateurs qui donnent de l’espoir sur l’évolution de la situation en Amérique du Nord et notamment cette reprise des achats des ménages au cours du dernier trimestre. On voit bien que le point bas est désormais dépassé. Et il y a des signes d’amélioration dans d’autres secteurs que la consommation des ménages, notamment sur un indice tout à fait discriminant, tout à fait décisif dans le suivi de l’activité économique qui est, sur le cinquième graphique, l’indice des directeurs d’achats.

Cinquième graphique – « Etats-Unis : fin du recul de l’activité »

Pour simplifier : vous avez une ligne horizontale à 50. Quand la courbe sur la position des directeurs d’achat est au-dessus des 50, cela veut dire que l’économie est en expansion. Quand la courbe est en deçà des 50 cela veut dire que l’économie se rétracte. Là, ce que l’on voit d’une manière très claire, c’est qu’au cours du dernier trimestre, l’économie américaine a franchi ce seuil des 50. L’économie américaine n’est donc plus en train de se rétracter mais est à nouveau en phase d’expansion. Certes, une expansion encore faible, à un rythme incomparable par rapport à ceux que nous avons connus ces cinq dernières années, mais nous sommes du côté positif, nous avons abandonné le versant négatif de la situation de l’économie aux Etats-Unis. Même si, bien sûr, il y a encore beaucoup, beaucoup de choses en situation de grande fragilité, les signes sont tout à fait éloquents.

Sixième graphique – « Zone euro : bientôt la fin du recul de l’activité ? »

Ce qui est intéressant c’est que si sur cet indicateur tout à fait décisif, nous venons de franchir la barre des 50 aux Etats-Unis, en zone euro, sur ce même indicateur, on est tout prêts de franchir la barre. Dans le secteur des services, on vient de franchir cette barre des 50, dans le secteur de l’industrie on s’en rapproche. Donc, là aussi on peut se dire que le recul de l’activité qui a été si douloureux depuis un an, est peut-être en train de cesser, y compris en zone euro, où les indicateurs tels que celui-ci sont rassurants.

Septième graphique – « Euro : un change pénalisant pour les entreprises ? »

Toutefois, il y a un problème majeur sur la zone euro qu’on ne peut pas ne pas évoquer : celui du change et de la nouvelle progression de l’euro par rapport au dollar qui est tout à fait inquiétante. J’attire votre attention sur ce point, parce que non seulement cela va être pénalisant pour les entreprises de la zone euro, cela l’est déjà. Ce qui veut dire pour ces entreprises une exigence, une obligation d’innovation encore plus forte parce que tout ce qui sera trop dépendant du prix dans le choix pour les clients va être défavorable aux entreprises européennes. Mais si j’attire l’attention sur cet élément de la situation économique, c’est aussi pour signaler qu’au cours des réunions internationales qui se sont tenues et notamment au cours du dernier G 20, il n’y a rien eu sur les politiques monétaires, il n’y a rien eu sur les problématiques de change. Or nous sommes face à un risque de désordre monétaire. Il faut le dire, il faut même peut-être le crier, ceci peut à nouveau provoquer de très grandes perturbations dans l’économie mondiale et je ne voudrais pas qu’à un moment ou à un autre on dise « on ne le savait pas, on ne l’a pas vu venir, on ne l’a pas dit. » Non, il y a actuellement un problème aujourd’hui dans le système monétaire international et nous ne pouvons que souhaiter que les Etats, et notamment les chefs d’Etat des pays du G 20 s’emparent du sujet comme ils ont su s’emparer des autres sujets de régulation internationale.