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Point presse mensuel de septembre 2011
Situation économique et financière
Après avoir fait un tour des fédérations professionnelles, des Medef territoriaux – nous avons donc ainsi une bonne représentation de l’économie réelle – , il apparait que, pour le moment, nous avons une situation stable sur le plan économique. Nous avions tous, et je l’avais dit avant l’été, enregistré un ralentissement mais, aujourd’hui, à la sortie de l’été, il n’y a pas dans l’économie réelle d’aggravation de ce ralentissement. C’est un premier point qu’il faut bien avoir à l’esprit. Ceci s’explique notamment par le fait que beaucoup d’entreprises et pas simplement aujourd’hui les très grandes mais également les entreprises de taille moyennes –évidemment les entreprises de taille intermédiaires mais aussi beaucoup de PME – se sont beaucoup internationalisées ces dernières années. Elles sont désormais en mesure d’aller chercher de la croissance dans les pays émergents. Or, n’oublions pas que la Chine, par exemple, pour ne citer qu’elle, reste dans une progression assez forte : sur rythme de 7% l’an. Une fois que nous avons dit cela et une fois que nous avons échangé sur cette situation, il est évident que nous avons consacré beaucoup de temps dans nos débats à la situation sur les marchés financiers, à la situation propre des banques françaises et par conséquent aux enjeux européens. Premièrement, nous disons qu’ il ne faut pas oublier que la dégradation de la situation, par exemple celle qui affecte les banques aujourd’hui est liée aux dettes des Etats. Je crois que c’est important de le rappeler pour ne pas se tromper sur les solutions à mettre en œuvre. Quand nos banques sont attaquées, cela revient presque à dire que nos Etats sont attaqués. C’est parce que les banques détiennent de la dette de tel ou tel Etat qu’elles sont fragilisées, qu’elles suscitent un doute chez les investisseurs. Donc, nous en concluons fort logiquement que l’assainissement des finances publiques de tous les Etats européens, doit rester une priorité. C’est le premier point.
Le deuxième point : nous savons tous, évidemment qu’il y a un problème grec. Qu’il faut bien mesurer l’extraordinaire difficulté à laquelle sont confrontés nos amis grecs. Qu’il y a des choses qui ne relèvent absolument pas de notre compétence, mais qu’en revanche les aider à retrouver le plus vite possible le chemin de la croissance, c’est-à-dire des investissements, du développement de projets, est presque aussi important que l’exécution de leur plan et des engagements qu’ils ont à l’égard des institutions internationales, de l’Union Européenne, de la zone Euro et du FMI. Et là, nous avons, nous patronat, peut-être quelque chose à faire. Nous allons en tout cas en discuter avec nos homologues allemands. Mais nous voulons dire aussi aux institutions européennes, à la Commission notamment, qu’il y a une aide à apporter dans cette direction à la Grèce.
Construction européenne
Troisièmement, aujourd’hui, s’il y a une chose, qui ne fait aucun doute dans l’esprit des chefs d’entreprise quels qu’ils soient, c’est bien que nous voulons garder l’Euro et que nous voulons pour cela aller plus loin dans la construction européenne. Des progrès majeurs ont été faits ces derniers mois, qui ne sont pas vus. Ces progrès ne sont à nos yeux mesurés à leur juste importance ni par les commentateurs d’une manière générale, ni par les investisseurs. Il convient donc de leur rappeler que les décisions du 21 juillet constituent des étapes extraordinaires de la construction européenne. Aujourd’hui entre Français et Allemands nous parlons de gouvernance économique européenne, ce qui était inconcevable il y a à peine 6 mois. Et d’ailleurs, c’est peut-être une des choses les plus importante, nous avons décidé en Conseil exécutif de proposer – et nous savons qu’ils vont accepter – à nos homologues allemands, le BDI et le BDA, de mettre en place un groupe de travail commun, rassemblant des membres de nos instances dirigeantes respectives pour avancer ensemble sur plus de convergence encore. Cela a l’air peut-être assez banal mais cela ne l’est pas. C’est le signe qu’il n’y a aucun doute sur la direction que les décideurs économiques de part et d’autre du Rhin veulent prendre. C’est d’ailleurs un message aussi que j’adresse aux investisseurs. A ceux qui doutent de la volonté de défendre l’euro et même d’aller plus loin encore sur la zone euro, nous répondons, nous, patronat français et patronat allemand : vous vous trompez, nous sommes prêts à aller plus loin. Et pour cela il faut évidemment une intégration politique renforcée. Pour aller vers une plus grande intégration politique, il faut préparer des convergences. On a souvent parlé des convergences fiscales. Nous disons et nous ajoutons à cela, il faut penser aussi les convergences sociales. C’est ainsi que l’on pourra ensemble définir les conditions d’une bonne compétitivité et cela répond exactement à ce que nous disons depuis un peu plus d’un an maintenant : compétitivité équitable. Il faut l’équité entre nous, entre tous les partenaires européens, entre tous les partenaires de la zone euro. C’est cela aller vers plus de convergence.
Donc premièrement, nous sommes mobilisés ; deuxièmement, nous sommes impliqués. Dans les semaines et les mois qui viennent, nous prendrons toutes les initiatives au fur-et-à-mesure que nos projets auront mûri ou que les événements le demanderont pour indiquer cette voie vers une plus grande convergence.
Nous mesurons la difficulté de la situation. Ceci nécessite beaucoup d’efforts. Il y a des moments où on peut être inquiet, mais fondamentalement ce qui ressortait de la conversation de près de 45 personnes autour de la table du Conseil exécutif, c’était, sur le moyen terme, une très grande confiance et la conviction qu’il y avait beaucoup, beaucoup d’idées, je dirais même de créativité, d’ébullition, tant chez les financiers et les chefs d’entreprise, que, je pense aussi, chez les syndicalistes et bien sûr chez les politiques. De tout cela sortiront des solutions, non seulement solides mais très pérennes.
Discipline budgétaire
Alors évidemment, et c’est le deuxième volet de ce que nous avons examiné, cela suppose que dans chaque pays l’effort budgétaire, la discipline budgétaire, soient respectés. Nous soutenons, nous l’avons déjà dit plus d’une fois, l’engagement du gouvernement français à bien respecter la trajectoire budgétaire. Il nous semble cependant important de rappeler que s’il faut assainir les finances publiques et le faire selon un planning respecté, il faut aussi permettre la croissance. Pour permettre la croissance, il ne faut surtout pas alourdir les charges sur les entreprises. Donc, il y a pour nous deux choses absolument intangibles, sur lesquelles il n’est pas question qu’il puisse y avoir des retours en arrière. Je le dis alors que nous sommes à quelques jours de la présentation du PLF et du PLFSS, ce sont les allégements de charges et tous les dispositifs liés à la recherche et à l’innovation. Nous savons aussi que pour les mois et les années qui viennent nous devons travailler sur des réformes structurelles avec un principe, que nous allons répéter inlassablement : il faut une discipline budgétaire qui permette une réduction des dépenses de 2 pour une augmentation des recettes de 1. Ce ratio de 2 sur 1 doit absolument être le fil conducteur des réformes des années à venir. Quand je dis des années à venir, je ne parle pas à un horizon de 5 ou 10 ans mais bien pour les 5 prochaines années.
Dialogue social
Dans ce contexte là et c’est le troisième aspect des discussions d’hier, nous sommes très attentifs à la qualité du dialogue social. A vrai dire on l’a toujours été, je l’ai toujours été personnellement, mais l’équipe des négociateurs est elle aussi très mobilisée. Je pense à Benoît-Roger Vasselin, Jean-François Pilliard, Patrick Bernasconi, Bernard Lemée. Notre réflexion consiste à dire, premièrement que nous devons absolument continuer tout ce qui a été engagé et ouvrir ce qui était prévu pour le deuxième semestre, y compris les délibérations ou négociations sur l’égalité hommes-femmes, y compris le travail sur la modernisation du paritarisme ou sur la valeur ajoutée. Mais nous devrions aussi réfléchir ensemble à la préparation de réformes peut-être plus importantes encore. Nous avions décidé au moment de la signature de la convention d’assurance chômage d’ouvrir un groupe de travail pour penser la prochaine négociation et vraiment dresser un état des lieux, une évaluation de ce qui est bien, de ce qui n’est pas bien et repérer les adaptations qui pourraient être nécessaires, compte tenu de l’évolution du marché du travail. Nous proposons que ce groupe de travail soit assez vite installé. Mais que, peut-être, on lui donne une mission encore plus large, non pas pour qu’il se perde mais au contraire pour qu’il intègre vraiment tous les éléments de la problématique actuelle du marché du travail. En clair, on pourrait ajouter à ce qui était déjà prévu un volet formation, parce que s’il y a bien une priorité que nous devons tous avoir, c’est celle de l’emploi et de l’employabilité et aussi de la mobilité. Cette priorité de l’emploi, on l’a déjà eue au cours du premier semestre sur les jeunes, et c’est pour ça qu’il y a 4 accords « jeunes » dont notre priorité aujourd’hui est leur mise en œuvre. Mais allons au-delà, et compte-tenu des mouvements peut-être chaotiques qu’il pourrait y avoir dans l’économie dans les mois qui viennent, demandons-nous comment garantir le plus possible, l’emploi, le maintien dans l’emploi ou le passage d’un emploi à un autre en fonction des circonstances.
B20
Je voudrais simplement ajouter que nous avons aussi à l’occasion de ce Conseil exécutif fait un point sur le B20. Celui-ci se prépare plutôt bien. A notre Université d’été, nous y avons consacré beaucoup de temps et lui avons donné une visibilité toute particulière. Il y a juste une chose à savoir, c’est qu’à cette occasion, il y a eu une réunion des sherpas des chefs d’entreprise qui seront présents au B20 et des confédérations patronales qui seront présentes au B20. Cette réunion des sherpas s’est faite avec les équipes qui à l’Elysée et à Bercy préparent le G20 au nom de la présidence française. Ill y a donc une interaction tout-à-fait intéressante entre les groupes de travail. Il serait temps maintenant qu’on vous dise quelles seraient les recommandations éventuelles que fournirait le B20 mais on ne sera en mesure de le faire que le mois prochain.