MEDEF Actu-Eco de la semaine du 22 août 2011

Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,

• en France :

1. Demandes d’emploi en juillet 2011 : au plus haut niveau depuis le 1er trimestre 2000 2. Budget d’investissement dans l’industrie en juillet 2011 : +14% en 2011 3. Parts de marché de la France au 1er semestre 2011 : encore en baisse …

• A l’étranger :

4. Croissance mondiale au 2ème trimestre 2011 : poursuite du ralentissement 5. Climat des affaires en Allemagne en août 2011: forte baisse de l’indice

Demandes d'emploi en juillet 2011 : au plus haut niveau depuis le 1er trimestre 2000

 * En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A inscrits à Pôle Emploi, c’est-à-dire strictement sans emploi, s’est établi à 2 756 500 en juillet 2011, soit le plus haut niveau depuis le début de l’année 2000. Il s’est accru de +1,3% sur un mois en juillet soit le troisième mois consécutif de hausse, après +1,3 en mai et +0,7% en juin. Sur un an, il a crû de +2,8%.

 * Cette hausse du nombre de demandeurs d’emploi sur un mois concerne toutes les catégories, sexe et âge. Sur un an, des disparités apparaissent :

- hausse +5,5% pour les femmes, +0,8% pour les hommes ;

- hausse chez les personnes de 50 ans et plus (+14%) et, dans une moindre mesure, chez celles de 25 à 49 ans (+1,1%) mais baisse chez les moins de 25 ans (-2,5%).

* Paradoxalement, ces derniers chiffres ne coïncident pas avec les créations d’emploi enregistrées dans tous les secteurs au 1er semestre 2011. Cette hausse du chômage peut s’expliquer par :

- une hausse de la population active en 2011, en raison notamment des effets de la réforme des retraites ;

- l’ajustement du volant de flexibilité en raison d’une croissance du PIB atone : hausse des entrées à Pôle emploi après fin de CDD ou de mission d’intérim.


Budget d'investissement dans l'industrie en juillet 2011 : +14% en 2011

 L’INSEE vient de publier l’enquête trimestrielle de juillet auprès des chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière sur leurs dépenses d’investissement pour 20111 . Trois remarques :

hausse de +1% des investissements entre 2009 et 2010 (+0% dans l’enquête d’avril) et de +14% entre 2010 et 2011 (+15% dans l’enquête d’avril). Par conséquent, pour l’ensemble des deux années, le budget d’investissement est resté inchangé entre l’enquête d’avril et celle de juillet : +15% sur deux ans.

tous les grands secteurs ont contribué à cette hausse mais dans des proportions différentes : allant pour 2011, de +7% pour les matériels de transport (-6% en 2010) à +16% pour les autres industries (+4% en 2010).

- si la prévision pour 2011 se confirme, les budgets d’investissement resteraient cette année encore en retrait de plus de 15% sur ceux de 2000 et ne compenseraient que deux tiers de la baisse de 2009

L’enquête d’octobre conduit souvent à une révision à la baisse des budgets d’investissement de l’enquête de juillet pour l’année en cours. Ceci n’est pas à exclure pour cette année au vu du ralentissement économique et de l’interruption du redressement des indicateurs de marché (effritement des carnets de commandes, tassement des mises en chantier de constructions non résidentielles,…).
S’agissant du financement des investissements, les industriels envisagent une amélioration de leur trésorerie et la poursuite de celle de leur résultat d’exploitation. De plus, les conditions d’accès au crédit se sont légèrement détendues au 2ème trimestre 2011 pour toutes les entreprises. En revanche, malgré un léger redressement, des tensions persistent sur les marges dans l’industrie manufacturière (niveau du 1er trimestre 2011 encore inférieur de 24% à celui de 2007).

1Pour mémoire, l’investissement des entreprises de l’industrie ne représente environ qu’un quart de l’investissement productif en France.


Parts de marché de la France au 1er semestre 2011 : encore en baisse

* Les entreprises françaises continuent de perdre des parts de marché par rapport à leurs concurrentes européennes. Leur part dans les exportations de la zone euro (marchés européens et extra-européens) poursuit la baisse entamée depuis 10 ans : -4% au cours du 1er semestre 2011, passant de 12,9% à 12,4%. Ce qui représente une perte d’environ deux semaines d’exportations.

Cette part de marché des entreprises françaises contraste avec celle des entreprises allemandes qui est deux fois et demie plus élevée : 31,5% (+1,6% au cours du 1er semestre 2011). Ces dernières sont mieux positionnées sur l’ensemble des marchés (relativement aux entreprises de la zone euro) ; elles ont notamment su tirer profit de la demande des pays émergents.

Parts de marché relatives de la France et de l'Allemagne en 2010 par rapport aux pays de la zone euro (valeur, %)
Lecture : En 2010, l’Allemagne représentait 56,6% des exportations de la zone euro vers la Chine et 36,3% de celles vers les Etats-Unis. De son côté, la France représentait 11,4% des exportations de la zone euro vers la Chine et 12,1% de celles vers les Etats-Unis.

* Néanmoins, les performances à l’exportation de l’Allemagne n’expliquent pas tout : cette perte de parts de marché est également observable en considérant les exportations de la zone euro hors Allemagne (de 18,6% à 18,1% au cours du 1er semestre 2011).

Exportations de la France / exportations de la zone euro hors Allemagne (moyenne mobile sur trois mois, %)


Croissance mondiale au 2ème trimestre 2011 : poursuite du ralentissement

 * La croissance du PIB « mondial »2 s’est de nouveau modérée au 2ème trimestre 2011 : selon les estimations de Coe-Rexecode, elle aurait été de +2,5% l’an, après +4,2% au premier.

* Deux remarques :

- cette nouvelle modération recouvre un tassement, voire une panne de croissance, au 2ème trimestre 2011 aux Etats-Unis comme en Europe, mais aussi un ralentissement en Chine, où le rythme de croissance reste néanmoins soutenu (+8,2% l’an) ;

- le rythme de la croissance mondiale au 2ème trimestre sur un an (+3,7%) est à peu près celui des dix dernières années précédant la crise.

* L’inflexion de la croissance mondiale devrait se poursuivre dans les prochains mois au vu du reflux de l’indice PMI sur les perspectives jusqu’en juillet.

2Croissance du PIB mondial résultant de l’agrégation par Coe-Rexecode de ceux de 53 pays.


Climat des affaires en Allemagne en août 2011 : forte baisse de l'indice

 L’indice synthétique IFO du climat des affaires en Allemagne s’est replié de 4,2 points en août 2011. Il s’agit de la baisse la plus importante depuis novembre 2008.

 Cette baisse résulte de celle observée dans la composante « situation actuelle » (indice restant néanmoins à un niveau élevé) et, de façon encore plus marquée, dans la composante « situation future » (6ème mois consécutif de baisse).


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