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du 10-05-2011 au - Le Medef aude communique sur le projet de loi
Narbonne
Quand l’État distribue l’argent qui ne lui appartient pas…
Le 10/05/2011 à 06h00
Le Medef de l’Aude communique : Le projet de loi selon lequel les entreprises de plus de 50 salariés devront désormais verser à leurs salariés une prime pouvant aller jusqu’à 1 000 euros, va être soumis au Parlement avant l’été. Pour les entreprises dont l’effectif est inférieur, cette mesure sera facultative et encouragée par une exonération de charges sociales (valable dans les deux cas).
Le Medef Aude s’élève contre cette décision qui vise une fois de plus à faire peser sur les entreprises de nouvelles dépenses obligatoires. Les chefs d’entreprises ne critiquent en aucun cas la volonté de redistribuer de la richesse aux salariés, mais pourquoi ne pas alléger les charges des sociétés, parmi les plus élevés d’Europe, au profit des salariés ? De plus, elle néglige les deux grands mécanismes d’association à la performance des entreprises, l’intéressement et la participation (+ de 50 salariés), et modifie les règles du jeu pour l’année 2011 alors que les NAO (négociation annuelle obligatoire) viennent de s’achever et que les budgets ont été arrêtés.
D’autre part, les entrepreneurs ne comprennent pas l’ingérence d’un État dépensier dans le dialogue social des entreprises. Le dialogue social est de la compétence de chaque dirigeant ainsi que de leurs syndicats représentatifs.
Ce que souhaitent réellement les salariés ce sont des augmentations de salaire pérennes, qui ne sont possibles que s’il y a de la croissance. Or, les entreprises de l’Aude sont encore trop fragiles pour prétendre à une telle augmentation.
L’État doit cesser de vouloir se mêler de la gestion privée des entreprises. Cette mesure ne peut être que source de complications et va encore une fois nuire à la compétitivité des entreprises françaises.
Rappelons par ailleurs que les dividendes correspondent à la rémunération du capital investi dans une entreprise par des entrepreneurs prenant des risques avec leur propre argent.
Pour certains d’entre eux, le dividende constitue même l’essentiel de leur rémunération, ne se payant que peu durant l’année, par peur d’être confrontés à des problèmes de trésorerie.
Potentiellement ruineux
Pour d’autres, et notamment dans la majorité des TPE et des PME, les actionnaires ne perçoivent jamais de dividendes.
C’est un dispositif qui pourrait être potentiellement ruineux pour des entreprises en bonne santé : une entreprise connue de 37 000 salariés se verrait contrainte de verser 37 millions d’euros (37 0000 x 1 000) c’est-à-dire l’intégralité de son résultat 2010. Cette obligation la contraindrait donc à déclarer des pertes ! C’est ainsi que l’institution de cette « prime » pourrait dissuader des actionnaires potentiels de risquer leur argent dans des entreprises, et par cela même nuire à la création de nouvelles entreprises, tout du moins en France.
Enfin cette mesure ne peut qu’accroître les différences entre catégories de salariés.
Dans un département comme le nôtre où l’on déplore la faiblesse du tissu économique, les entreprises de plus de cinquante salariés sont moins de 45.
Article dans l‘Independant